Vous hésitez peut-être à modifier ou à rédiger vos communiqués en écriture inclusive pour différentes raisons : vous avez besoin d’être rassuré(e) quant à la fluidité et à la lisibilité du texte, vous voulez être sûr(e) de faire le bon choix en assumant ce parti pris, vous aimeriez connaître les différentes manières d’écrire afin de décider quelle méthode appliquer. Je vous partage mon point de vue, mes conseils et méthodes en espérant dissiper vos doutes.
1. Une rédaction inclusive fluide et lisible, c’est possible
Pour rendre la lecture de votre texte fluide, il est conseillé d’utiliser, de temps à autre, les formulations neutres (appelées également épicènes), d’employer les formes féminines et masculines pour les fonctions et métiers, d’user à bon escient du point médian (·) ou des parenthèses, d’alterner avec des couplets « masculin et féminin » (par exemple : celles et ceux, chacun et chacune).
Pour alléger le texte, il est également permis de faire usage du pluriel générique (masculin pluriel).
VOICI MES CONSEILS ET ASTUCES :
- Créer un point médian et en user de manière raisonnée
Pour obtenir un point médian :
Sur le clavier de votre PC (Windows), taper alt+0183.
Sur macOS, on peut obtenir le point médian en appuyant sur les touches suivantes :
⌥ alt ou option + ⇧ maj + F avec un agencement de clavier français ou belge ;
⌥ alt ou option + ⇧ maj + H avec un agencement de clavier espagnol, canadien multilingue ou suisse français.
Il est conseillé d’éviter le double point médian (exemple : doué·e·s). Ce procédé a tendance à ralentir la lecture d’un mot.
Il est préférable de limiter le recours au point médian aux termes semblables pour lesquels une ou deux lettres doivent être ajoutées, par exemple : un·e lycéen·ne. Si vous ajoutez plus de deux lettres, vous risquez d’entraver la lisibilité du mot, voici un exemple à ne pas suivre : créateur·rice.
Dans ce cas précis, vous pouvez utiliser, à la place, le doublet complet suivant : un créateur ou une créatrice, un créateur et une créatrice.
- Rédiger les contenus Web et les blogs en respectant le référencement SEO
Pour les contenus Web et articles de blog, je conseille de ne pas employer le point médian, car n’étant pas reconnu par Google, il entravera votre référencement SEO.
Pour la même raison, abstenez-vous d’utiliser toute technique d’abréviation (parenthèses, crochets, etc.) sur vos meta titles. Dans ce cas, préférez les termes neutres et génériques. Inclure le féminin et le masculin dans les contenus, permet à celui ou celle qui réalise des recherches sur Google, d’avoir davantage de chances de trouver vos publications et vos articles sur le net, selon qu'il ou elle renseignera une fonction au féminin ou au masculin.
- Gagner du temps pour transcrire un texte rédigé antérieurement
Si vous souhaitez reprendre un texte antérieurement rédigé et le transcrire en langage inclusif, l’utilisation de la fonction « Rechercher/remplacer » dans Word permettra de gagner du temps.
Par exemple, vous pouvez ajouter un point médian ou des parenthèses suivis d’un –e (marque du féminin), sur l’ensemble de votre texte, en procédant comme ceci :
Pour transcrire l'article indéfini « un » en article indéfini inclusif « un(e) », cliquez dans l’onglet Accueil , puis sur Remplacer de votre page Word.
Vous obtenez l'écran ci-dessous. Inscrire « un » dans la case Rechercher et « un(e) » dans la case Remplacer par, puis cliquez sur Plus.

Cochez la case mot entier , puis cliquez sur Remplacer en bas à droite.

·
Le couplet abrégé permet d’inclure le féminin et le masculin de manière abrégée. Le couplet abrégé s’applique aux adjectifs et aux appellations, aux fonctions, métiers, etc. Le point médian et les parenthèses sont les techniques employées pour créer le couplet abrégé.
Voici des exemples :
étudiant(e), étudiant[e], étudiant·e, étudiant/e
Vous pouvez également employer les crochets, les barres obliques.
Voici d’autres exemples avec des adjectifs pluriels :
- des artistes doué(e)s
- des artistes doué·es
L’écriture des abrégés permet un gain de place et un allègement des tournures de phrase.
La lecture de ce format devient fluide, si vous comprenez qu'un de ses objectifs est de vous inclure en tant que lecteur ou lectrice. En effet, si vous êtes ou vous vous sentez femme, vous lirez une assistante pour « un·e assistant·e », votre œil perçoit le mot dans son ensemble. Vous lirez un assistant pour « un·e assistant·e », vous ferez abstraction du « e » parce que vous êtes ou vous vous sentez homme.
- Énumérer le féminin et le masculin
Doit-on énumérer le féminin ou le masculin en premier ?
La règle générale est d’énumérer par ordre alphabétique les termes féminins et masculins.
Elle s’applique aux pronoms personnels et démonstratifs, fonctions, métiers, etc. Tout ce qui permet de nommer une personne. Exemple :
- celles et ceux. Si on suit l’ordre alphabétique, la lettre l de celle se positionne avant la lettre u de ceux.
- Tous les hommes et toutes les femmes. Tous se positionne en premier avant toutes.
- Employer des formulations neutres (appelé également rédaction épicène)
Les formulations neutres allègent la rédaction inclusive en les alternant avec les autres techniques citées ci-dessus.
La formulation neutre privilégie les formes qui ne présentent pas d’alternance entre le masculin et féminin. Pour employer la formulation neutre, plusieurs moyens sont à votre disposition :
- vous choisissez un nom collectif : le lectorat (à la place des lecteurs ou lectrices), la clientèle (à la place des clients et clientes) ;
- vous alternez avec des noms épicènes (ils s’écrivent de la même manière au féminin et au masculin), par exemple : des spécialistes à la place « des experts et des expertes » ou les personnes à la place de « les hommes et les femmes » ;
- idem, pour les adjectifs et les participes passés : au service de (à la place de « employés par ») ;
- vous pouvez utiliser des formulations indéfinies : on, tout le monde, etc.
2. À quoi ressemble un texte rédigé en écriture inclusive
Pour vous donner une idée d’un texte modifié en écriture inclusive, j’ai choisi des extraits du livre : Libérez votre créativité¹ (je recommande ce livre pour celles et ceux qui souhaitent développer leur créativité).
Un exemple de citations sans rédaction inclusive :
« La plupart des créateurs bloqués, sans en avoir conscience, sont confrontés à un dilemme dans leur raisonnement, qui se dresse entre eux et leur travail. Pour se défaire de ces blocages, il faut parvenir à identifier cette façon de penser par alternatives : « Je peux être soit romantique heureux, soit artiste ».
« En tant qu’artistes bloqués, nous restons souvent sur la touche pour critiquer ceux qui sont en train de jouer. Nous dirons d’un artiste actuellement en vogue : “ Il a beaucoup de talent ”. »
« En tant que créateurs bloqués, nous sommes prêts à faire n’importe quoi pour rester bloqués. »
« Si, actuellement, vous êtes impliqué avec un importun, il est important pour vous d’admettre ce fait. Admettez que vous êtes utilisé — et admettez que vous utilisez votre propre bourreau. Votre importun est un blocage que vous vous êtes choisi pour vous détourner de votre propre trajectoire. De la même façon, que vous êtes exploité par votre importun, vous aussi, vous utilisez cette personne pour bloquer votre flux créateur. »
Un exemple transcrit en écriture inclusive(avec les parenthèses) :
La plupart des créateurs(-trices) bloqué(e)s, sans en avoir conscience, sont confronté(e)s à un dilemme dans leur raisonnement, qui se dresse entre eux et leur travail. Pour se défaire de ces blocages, il faut parvenir à identifier cette façon de penser par alternatives :
« Je peux être soit romantique heureux(-se), soit artiste ».
En tant qu’artistes bloqué(e)s, nous restons souvent sur la touche pour critiquer celles et ceux qui sont en train de jouer. Nous dirons d’un ou d'une artiste actuellement en vogue : « Il ou elle a beaucoup de talent ».
En tant que créateurs(-trices) bloqué(e)s, nous sommes prêt(e)s à faire n’importe quoi pour rester bloqué(e)s.
Si actuellement, vous êtes impliqué(e) avec un ou une importun(e), il est important pour vous d’admettre ce fait. Admettez que vous êtes utilisé(e) — et admettez que vous utilisez votre propre bourreau. Votre importun, votre importune est un blocage que vous vous êtes choisi pour vous détourner de votre propre trajectoire. De la même façon, que vous êtes exploité(e) par votre importun(e), vous aussi, vous utilisez cette personne pour bloquer votre flux créateur.
Un exemple transcrit en écriture inclusive (avec les points médians) :
La plupart des créateurs et créatrices bloqué·es, sans en avoir conscience, sont confronté·es à un dilemme dans leur raisonnement, qui se dresse entre eux et leur travail. Pour se défaire de ces blocages, il faut parvenir à identifier cette façon de penser par alternatives : « Je peux être soit romantique heureux·se, soit artiste ».
En tant qu’artistes bloqué·es, nous restons souvent sur la touche pour critiquer celles et ceux qui sont en train de jouer. Nous dirons d’un ou d'une artiste actuellement en vogue : « Il ou elle a beaucoup de talent ».
En tant que créateurs et créatrices bloqué·es, nous sommes prêt·es à faire n’importe quoi pour rester bloqué·es.
Si actuellement, vous êtes impliqué·e avec un·e importun·e, il est important pour vous d’admettre ce fait. Admettez que vous êtes utilisé·e — et admettez que vous utilisez votre propre bourreau. Votre importun·e est un blocage que vous vous êtes choisi pour vous détourner de votre propre trajectoire. De la même façon, que vous êtes exploité·e par votre importun ou importune, vous aussi, vous utilisez cette personne pour bloquer votre flux créateur.
1. Julia Cameron, Libérez votre créativité, éd. J'ai lu, 2016.